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QUOI QU’IL EN COUTE… A NOS ENFANTS

Malgré l’alerte du ministre de l’Economie et des Finances, Monsieur Bruno LE MAIRE, sur l’atteinte de la « cote d’alerte » des finances publiques, les mesures de soutien à l’économie et donc de dépenses se démultiplient. Devant cette situation paradoxale, le Directeur du CNRS[1] Monsieur Hyppolyte D’ALBIS, pose la question de l’érosion de la soutenabilité de la dette publique.

« Selon l’Insee, la dette publique française a dépassé à la fin du premier trimestre 2022, les 2 900 milliards d’euros, soit près de 115% du Produit Intérieur Brut (PIB). Est-il possible de retrouver un niveau de dette que l’on qualifiait autrefois de soutenable, soit 60% du PIB ? Une simple règle de trois permet d’envisager l’ajustement qui serait nécessaire si, par exemple, on souhaitait atteindre cet objectif dans dix ans. En supposant une croissance annuelle du PIB de 2% par an, il faudrait réduire la dette publique de plus de 100 milliards d’euros, chaque année pendant dix ans. On est évidemment loin d’y arriver, sachant que structurellement les dépenses des administrations publiques sont supérieures aux recettes.

Rien que pour l’année 2021, le déficit public a dépassé les 160 milliards d’euros. Pour la suite, les coûteuses urgences s’accumulent : pouvoir d’achat, transition écologique, systèmes éducatif et de santé, sécurité intérieure et extérieure… on ne cesse de définir des priorités sans jamais pointer les postes budgétaires desquels l’Etat devrait se désengager. Il vaut mieux se faire une raison, l’objectif d’une dette contenue à 60% du PIB est hors de portée. On pourra toujours dire que ce critère était mal pensé, qu’il était trop restrictif ou trop comptable, il avait néanmoins l’intérêt de servir de boussole. Sans elle, les finances publiques n’ont pas de cap.

La situation devient critique du fait de l’inflation qui approcherait les 6% annuels en France. Après l’avoir longtemps niée, les Banques centrales semblent décidées à réagir. Pendant les décennies où l’inflation avait disparu, on avait vécu avec l’idée confortable que si jamais elle revenait, les instituts d’émission sauraient la maîtriser. Il faut néanmoins rappeler que les politiques monétaires visant à réduire l’inflation sont relativement anciennes – qu’elles ont donc été menées dans un environnement économique très différent – et… qu’elles ont été très coûteuses pour les économies.

L’histoire aura retenu l’action vigoureuse de Paul Volker, gouverneur de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, qui fit passer à la fin des années 1970 le taux directeur de 11 à 20%. Il réussit à stabiliser l’inflation au prix d’une récession mémorable. Fabrice Collard, Patrick Fève et Julien Matheron ont ainsi analysé de façon systématique les huit principaux épisodes de politique de désinflation aux Etats-Unis, sur une période allant de 1966 à 2000. Ils estiment que la hausse du taux d’intérêt à court terme est deux fois plus élevée que la baisse durable de l’inflation ; autrement dit, une baisse de 1% de l’inflation est obtenue par une hausse de 2% du taux d’intérêt. A la suite de l’intervention de la Banque centrale, ils montrent également que le Produit Intérieur Brut, la consommation globale, l’investissement et les salaires ont lourdement chuté.

Les politiques monétaires qui vont probablement être mises en place auront donc un double effet de réduction des recettes fiscales et de renchérissement du coût de la dette, ce qui devrait accroitre l’endettement. Mais le Gouvernement ne semble pas prêt à s’engager dans des trajectoires lourdement récessives. Les différentes prises de parole indiquent au contraire que la préservation de la croissance, de l’emploi et du pouvoir d’achat reste la priorité absolue. Ainsi, le projet de loi sur le pouvoir d’achat met sur la table plus de 50 milliards de dépenses supplémentaires, probablement financés par de nouvelles dettes.

Nous allons donc assister à un « policy-mix » nouvelle formule où la politique budgétaire expansionniste est associée à une politique monétaire restrictive ! Des hausses des taux d’intérêt à long terme sont donc à anticiper tandis que la soutenabilité de la dette publique devrait continuer de se dégrader. Il n’y a que deux issues possibles à cette trajectoire : soit les générations futures paieront la facture de nos urgences, soit la France n’honorera pas sa signature, pour la première fois depuis la Révolution. 

Au niveau de nos portefeuilles, sur le mois de juin, les contrats d’assurance dont nous assurons la gestion demeurent en repli. Les portefeuilles « prudents » et « équilibrés » des contrats domiciliés en France ont respectivement affiché une baisse moyenne de -0,94 % et -3,07 % bruts. Les portefeuilles « modérés » domiciliés au Luxembourg ont, quant à eux, également diminué de -3,10 % bruts en moyenne.

Toujours déterminée à réaliser une prestation globale de qualité, l’Equipe du Cabinet reste à votre disposition pour tout complément d’informations.

 

L’Equipe de veille économique de PlusValue Conseil

 

[1] Centre National de la Recherche Scientifique.

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