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FEU AU BARIL

La partie de Monopoly continue, avec en joueur « phare » les pompiers-pyromanes états-uniens : après l’Amérique du Sud, c’est désormais au Moyen-Orient que les dés sont lancés. 

Un embrasement autrement plus délicat qu’au Venezuela, tant le Golfe persique demeure le cœur logistique de l’approvisionnement énergétique mondial. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constitue une artère stratégique : toute perturbation s’y répercute immédiatement sur les prix de l’énergie, l’inflation et, in fine, sur les marchés financiers. 

Un équilibre d’autant plus sensible pour le président américain Donald Trump que les élections de mi-mandat approchent : historiquement, une hausse durable du prix de l’essence constitue un risque politique majeur pour les locataires successifs de la Maison-Blanche. 

Afin de décrypter la situation, nous vous proposons l’analyse de Joffrey Ouafa, Directeur des Gestions chez AURIS. 

« A l’heure où nous écrivons ces lignes, le baril de pétrole flirte avec les 100 dollars après avoir atteint 119 dollars à l’ouverture des marchés asiatiques. Les tensions sont telles que la courbe à terme des prix du pétrole est largement inversée avec des prix spot supérieurs de 20 dollars aux prix attendus pour l’été prochain.

Les marchés financiers ont rapidement intégré, voire extrapolé, les conséquences économiques du choc pétrolier. Chaque augmentation durable de 10 dollars du baril provoque une diminution de la croissance mondiale de 0.12% en année pleine avec des peines différenciées selon les pays en fonction de leur (in)dépendance énergétique. En tant que producteurs et exportateurs de pétrole, le Canada et l’Amérique latine (Mexique, Brésil) profitent de la situation quand les pays d’Asie émergente (hors Chine) et la zone Euro sont les plus pénalisés avec une baisse de la croissance comprise entre 0.20% et 0.30%. Les prix du baril ayant progressé de près de 40 dollars depuis le début du conflit, les calculs sont simples et les impacts significatifs.

L’inflation devrait quant à elle augmenter mécaniquement au sein de ces zones et les regards se tournent désormais vers la réaction des banques centrales face à ce choc inflationniste. Les investisseurs anticipent d’ailleurs maintenant que la BCE augmentera les taux d’ici la fin de l’été…

Pourtant, la réalité est plus nuancée que ne le suggèrent les gros titres.

Contrairement aux idées reçues, le détroit d’Ormuz n’a pas été fermé par l’Iran. Des navires de la flotte fantôme russe tout comme certains armateurs grecs y circulent encore. Ce qui empêche la circulation des tankers en ce moment ce n’est pas l’installation de mines dans le détroit par le régime iranien, c’est surtout l’impossibilité pour les navires de se faire assurer à cause du conflit.

L’Iran dispose d’ailleurs de peu de moyens de nuisance, l’opération Epic Fury ayant déjà neutralisé 80 % des défenses aériennes du pays et réduit les lancements de missiles de 86 % depuis le début de la guerre.

Conscients de l’enjeu économique que représentent les exportations de pétrole, plusieurs solutions sont envisagées par les dirigeants américains et européens afin de rétablir la libre circulation dans la zone.

La première est la mise sous tutelle internationale de l’île de Kharg. Une île d’à peine 25 km² située à quelques kilomètres seulement des côtes iraniennes et où se trouve le principal terminal d’exportation du pétrole iranien (90 % des exportations du pays). Un tel basculement aurait deux effets majeurs : couper le financement des Gardiens de la Révolution et redonner au commerce mondial le contrôle de ce point névralgique.

Une autre solution envisagée, et poussée notamment par la France, serait la mise en place d’une escorte militaire de navires passant par le Détroit d’Ormuz.

Enfin, des solutions de contournement existent à travers les pipelines. Le premier, long de 1200 km, traverse d’est en ouest la péninsule Arabique du golfe Persique à la mer Rouge et peut transporter jusqu’à 5 millions de barils par jour. Le second, présent dans les Emirats Arabes Unis, pourrait transporter jusqu’à 2 millions de barils jour. Pas de quoi compenser intégralement les 20 millions de barils transitant par Ormuz, mais de quoi amortir le choc temporairement.

Last but not least, l’enjeu est aussi politique pour D. Trump à l’approche des mid term alors que sa côte de popularité ne cesse de chuter et que l’intervention en Iran n’est pas comprise par sa base électorale surtout venant du candidat qui avait promis une baisse des prix et la fin de l’interventionnisme américain au-delà de sa zone d’influence historique naturelle.

En conclusion, si la situation actuelle impose une vigilance de rigueur, elle ne doit pas occulter les forces de rappel qui se mettent en place. Dès que les assureurs auront obtenu les garanties de sécurité indispensables, que ce soit par la mise sous tutelle de l’île de Kharg ou le déploiement d’escortes navales coordonnées, la prime de risque qui gonfle ponctuellement les cours devrait s’évaporer aussi vite qu’elle est apparue.

Une paralysie prolongée du détroit d’Ormuz est en effet insoutenable pour les équilibres mondiaux : ni Washington, ni Pékin, ni les monarchies du Golfe ne peuvent se permettre un baril ancré durablement au-delà de 100 dollars.

Pour l’investisseur, tout l’enjeu est de ne pas se laisser aveugler par cette volatilité de court terme. Une volatilité qui pourrait offrir des points d’entrée stratégiques sur les secteurs aujourd’hui pénalisés par les craintes inflationnistes.

Alors que Donald Trump joue son avenir politique sur le prix du gallon à la pompe, tous les leviers seront activés pour faire de ce choc pétrolier un épisode transitoire. »

L’impact sur les marchés est déjà visible : l’indice MSCI World Index (indice boursier géré par MSCI, mesurant la performance des marchés boursiers de pays économiquement développés et composé d’environ 1350 entreprises) cède -3,41 % depuis le début du conflit, le 28 février 2026.

Dans ce contexte, le baril s’impose comme la variable clé, l’évolution du prix de l’énergie restant étroitement liée aux perspectives de croissance mondiale. 

Le point marché : Au niveau de nos portefeuilles, sur le mois de février, les contrats d’assurance dont nous assurons la gestion se sont tous appréciés. 

Sur cette période, les portefeuilles « prudents », « équilibrés » et « dynamiques » des contrats domiciliés en France sont respectivement en hausse moyenne de +1,14 % bruts, en hausse moyenne de +1,19 % bruts et en hausse moyenne de +2,96 % bruts. Les portefeuilles « modérés » domiciliés au Luxembourg ont également augmenté de +2,14 % bruts en moyenne sur ladite période.

 

 

L’Equipe de veille économique de PlusValue Conseil

 

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