IA : INVESTIR OU SUBIR
L’intelligence artificielle s’est progressivement imposée dans le paysage des entreprises ces dernières années, pour en faire désormais partie intégrante. Comment l’intégrer efficacement en entreprise ? Menace-t-elle certains métiers ? Doit-on réellement s’en inquiéter ?
Malgré l’accélération de la circulation de l’information et les mises en gardes concernant la non-adoption de l’IA, peu de dirigeants ont franchi le pas. Mathieu Stefani, entrepreneur dans la tech depuis 2005, publie en avril 2026 une tribune dans les Echos au message clair : le vrai danger n’est pas l’intelligence artificielle elle-même, mais le fait de rester à l’écart pendant que les autres l’intègrent à leur activité.
« Quelque chose d’immense est en train de se passer sous nos yeux, et les dirigeants vont se faire surprendre.
Repensez à février 2020. Une poignée de personnes parlait d’un virus lointain. Le reste du monde traitait cela comme une inquiétude d’initiés un peu trop connectés. Puis, en quelques semaines, le réel a balayé le doute. C’est exactement le sentiment que j’ai aujourd’hui avec l’intelligence artificielle.
Ce qui a déjà changé
Ces dernières semaines, j’ai lancé plusieurs business avec des agents. Je leur donne une idée, une cible, quelques contraintes. Ils conçoivent le site, écrivent les textes, lancent la prospection, itèrent, encaissent. Je ne les traite déjà plus comme des assistants. Je les dirige comme une équipe. Une équipe qui travaille, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le matin, je décris un produit. Quelques heures plus tard, le site existe, l’offre est rédigée, la séquence commerciale est prête. Quand quelque chose ne fonctionne pas, l’agent corrige, teste, recommence. Puis il part prospecter, seul, sans mon intervention. Voilà ce qui a changé. Dans certains métiers, le travail intellectuel a déjà commencé à se compresser.
« J’ai essayé l’IA et ce n’était pas si impressionnant »
C’est devenu le refuge confortable des élites en retard. Oui, les premières versions étaient limitées. Oui, elles hallucinaient. Oui, elles se trompaient. Mais juger l’état de l’IA à partir d’une version gratuite testée dix minutes entre deux réunions, c’est juger internet avec un Minitel. Ceux qui paient les meilleurs modèles et les branchent sur leur vrai travail vivent déjà dans un autre monde. Je vois des associés gérants de grands cabinets, des dirigeants de la finance, des investisseurs, des patrons opérationnels y passer plusieurs heures par jour. Pas par curiosité. Parce qu’ils voient ce qui se comprime déjà : la recherche, la synthèse, la rédaction, l’analyse, et une partie croissante de la réflexion stratégique elle-même. Il y a quelque chose d’absurde à voir des dirigeants qui pilotent des milliers de salariés hésiter à payer 90 euros par mois pour comprendre cette vague qui déferle sur eux.
Ce que cela signifie pour votre métier :
Le risque proche n’est pas que l’IA remplace tout le monde demain matin. Le risque proche est qu’un professionnel équipé remplace plusieurs professionnels qui ne le sont pas. Tout métier dont le cœur se déroule sur un écran entre dans la zone d’impact : droit, finance, conseil, comptabilité, marketing, recherche, management. L’IA est un sujet de direction générale, de compétitivité, d’emploi et de souveraineté.
Ce qu’il faut faire maintenant ?
Chaque patron, chaque ministre, chaque associé gérant doit s’imposer une discipline simple : une heure par jour, 7 jours sur 7, avec les meilleurs modèles, sur de vrais dossiers. Pas pour rédiger un post LinkedIn. Pour démonter un contrat, challenger une acquisition, préparer un conseil d’administration, revoir un plan, tester un marché, penser et écrire une note stratégique. Il faut arrêter de tester la version gratuite, puis de conclure que le sujet n’est pas mûr. Il faut payer, pratiquer, brancher ces outils sur le réel, refaire les plans d’exécution, former les équipes, recruter sur l’usage. »
En conclusion, cette tribune de Matthieu Stefani affiche un avis bien tranché : ceux qui n’intègrent pas l’IA dès maintenant s’exposent à un déclin inévitable, se dirigent vers leur décroissance. Pour nos clients dirigeants, le message est clair : un concurrent qui intègre l’IA aujourd’hui produit plus, plus vite, avec moins de ressources. Cela se retranscrit dans les marges, dans la valorisation et, à terme, dans la position concurrentielle de votre entreprise. Pour les investisseurs, le raisonnement est le même : les entreprises qui adoptent ces outils deviennent plus attractives, celles qui tardent voient leur modèle fragilisé.
Le point marché : Au niveau de nos portefeuilles, sur le mois de mai, les contrats d’assurance dont nous assurons la gestion se sont tous appréciés.
Sur cette période, les portefeuilles « prudents », « équilibrés » et « dynamiques » des contrats domiciliés en France sont respectivement en hausse moyenne de +0.80 % bruts, en hausse moyenne de +1,88 % bruts et en hausse moyenne de +3,30% bruts. Les portefeuilles « modérés » domiciliés au Luxembourg ont également augmenté de +1,27 % bruts en moyenne sur ladite période.
L’Equipe de veille économique de PlusValue Conseil
Retour à la liste
IA : INVESTIR OU SUBIR
L’intelligence artificielle s’est progressivement imposée dans le paysage des entreprises ces dernières années, pour en faire désormais partie intégrante. Comment l’intégrer efficacement en entreprise ? Menace-t-elle certains métiers ? Doit-on...
Lire la suiteSUCCESSIONS : L’HERITAGE DANS LE VISEUR
Avec une dette publique qui frôle les 3.500 milliards d’euros, une question émerge : où l’Etat va-t-il trouver l’argent ? Les revenus sont déjà lourdement taxés, les marges de manœuvre...
Lire la suiteL’INFLATION : LE REMEDE-POISON
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient le prix du pétrole a fortement augmenté et l’inflation s’inscrit de nouveau dans les débats économiques. Il est fréquent de croire que la...
Lire la suite