LES QUATRES SAISONS
Au fil des mois, l’économie américaine semble jouer sa propre partition, alternant tensions, pics d’incertitude et éclaircies passagères. Précisément, l’indice d’incertitude liée à la politique économique a connu une envolée marquée début 2025, stimulée par un regain de tensions douanières et des décisions politiques imprévisibles. Mais à la faveur du rétropédalage de Donald Trump, l’indicateur amorce un repli — fragile, certes — comme un changement de saison qui ne dit pas encore s’il annonce le printemps ou le retour de l’hiver.
Afin de faire la lumière sur cette actualité, nous donnons la parole à Romane BALLIN, Gérante Obligataire chez AURIS GESTION.
« Le Wall Street Journal résume avec justesse le revirement de situation de la semaine dernière : « Trump trouve son maître : les marchés ». Bien qu’il affirme accorder peu d’importance aux réactions boursières, le président américain a manifestement été ébranlé par la récente panique qui a secoué les actifs américains au point d’intervenir (avec succès d’ailleurs…) : le dollar s’est renforcé face à l’euro, le 10 ans américain est reparti à la baisse (-9 bps la semaine dernière) et les indices actions ont rebondi (+4.59% pour le S&P 500).
Pour calmer les esprits, Donald Trump a d’abord infléchi son discours sur la guerre commerciale, évoquant une possible désescalade. Les Etats-Unis seraient ainsi ouverts à une discussion bilatérale avec la Chine afin de réduire les droits de douane à condition que celle-ci baisse aussi les siens en amont des discussions. Concrètement, selon plusieurs sources, l’administration Trump envisagerait une diminution des droits de 145% à 50-65% ! Reste à savoir si de véritables négociations ont été entamées : S. Bessent, qui a rencontré des représentants chinois en marge des réunions du FMI à Washington, a déclaré n’avoir pas abordé la question des taxes.
Deuxième sujet qui alarmait les investisseurs : le dossier Powell. Là encore, Donald Trump a tenté de rassurer, affirmant que J. Powell irait au bout de son mandat en 2026 et que ses critiques visaient avant tout un manque de réactivité, non son poste. La Fed reste donc indépendante et ce malgré les injonctions du président américain à baisser les taux. L’institution maintient le cap avec prudence, qui reste le maitre mot d’après les banquiers centraux régionaux. Plusieurs interventions publiques ont rappelé la nécessité de ne pas agir précipitamment, au risque d’amplifier les tensions inflationnistes générées par la guerre commerciale. Toutefois, si le marché du travail venait à se dégrader fortement alors des actions différentes pourraient s’imposer.

En Europe, l’administration Trump a, paradoxalement, simplifié la tâche de la BCE. Le scénario s’éclaircit : risque de désinflation face à la hausse de l’euro, potentiel afflux de marchandises chinoises bon marché et ralentissement accru de l’activité du fait des tensions commerciales. Les économistes du FMI ne prévoient d’ailleurs plus que 0.8% de croissance pour la zone euro en 2025 contre 1% précédemment et les récentes enquêtes PMI confirment cette tendance. Les indices préliminaires d’avril ont envoyé un signal négatif avec un recul des nouvelles commandes qui présage d’un ralentissement de l’activité. À court terme, la production industrielle reste solide, mais cette vigueur est en partie attribuée à l’anticipation de nouvelles barrières douanières.
Dans ce contexte, certains banquiers centraux, notamment O. Rehn et P. Lane, étudient l’hypothèse d’une baisse significative des taux directeurs de 50 points de base dès la réunion de juin ! Si le consensus se situe davantage autour d’une baisse de 25 bps, la communication des responsables de la BCE vise clairement à démontrer leur capacité d’intervention en soutien à l’économie.
Enfin, sur le front diplomatique, on notera que de hauts responsables de l’administration américaine ont pressé dimanche la Russie et l’Ukraine à parvenir à un cessez-le-feu dans la foulée du tête-à-tête entre Donald Trump et le président ukrainien samedi au Vatican. Tous deux ont confirmé leur volonté d’aboutir à un accord, la balle semble désormais être dans le camp de Moscou pour y parvenir… »
Dans ce contexte agité, notre positionnement défensif a démontré toute sa pertinence : il a permis de sécuriser les portefeuilles et d’éviter une chute brutale, en limitant l’impact de la volatilité provoquée par les annonces successives des dernières semaines.
A ce jour, nous demeurons donc en situation de surperformance vis-à-vis de nos indices de référence.
Pour la suite, la prudence reste de mise. Car si l’indicateur amorce une accalmie, le risque d’un nouveau changement de saison brutal n’est pas à écarter.
Le point marché : Au niveau de nos portefeuilles, sur le mois d’avril, les contrats d’assurance dont nous assurons la gestion se sont tous dépréciés.
Sur le mois de mars, les portefeuilles « prudents », « équilibrés » et « dynamiques » des contrats domiciliés en France sont respectivement en baisse moyenne de -0,21 % brut, en baisse moyenne de -0,97 % bruts et en baisse moyenne de -2,08 % bruts. Les portefeuilles « modérés » domiciliés au Luxembourg ont également diminué de -0,51 % bruts en moyenne sur avril.
L’Equipe de veille économique de PlusValue Conseil
Retour à la liste
L’INFLATION : LE REMEDE-POISON
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient le prix du pétrole a fortement augmenté et l’inflation s’inscrit de nouveau dans les débats économiques. Il est fréquent de croire que la...
Lire la suiteFEU AU BARIL
La partie de Monopoly continue, avec en joueur « phare » les pompiers-pyromanes états-uniens : après l’Amérique du Sud, c’est désormais au Moyen-Orient que les dés sont lancés. Un embrasement...
Lire la suiteINTERET DU BAIL AUTHENTIQUE
Dans le cadre de notre mission d’accompagnement patrimonial, nous souhaitons porter à votre attention un dispositif juridique parfois méconnu mais qui nous parait pertinent pour sécuriser vos investissements locatifs :...
Lire la suite