MONOPOLY
Pour cette dernière Lettre d’Information Financière de l’année 2025, comment ne pas revenir sur le tour de force étasunien au Venezuela, avec la capture du président Nicolás MADURO. Au prix, ou au mépris, du droit international, cette intervention marque un tournant symbolique majeur : celui d’un retour assumé à la diplomatie de la contrainte, où l’efficacité stratégique prime désormais ouvertement sur la légalité juridique. Elle laisse, de fait, le champ libre à d’autres actions unilatérales : la Russie en Ukraine, la Chine à Taïwan, les États-Unis (encore) au Groenland.
Autant de théâtres où la logique de puissance reprend le dessus sur la recherche d’un équilibre multilatéral.
Puisque, désormais, ou plutôt de nouveau, la force prime sur le droit, nous nous acheminons vers une nouvelle partie de Monopoly mondial, où chaque grande puissance avance ses pions non plus en fonction des règles communes, mais selon sa capacité à imposer les siennes. Dans ce jeu géopolitique redevenu brutal, les institutions internationales ressemblent de plus en plus à des arbitres dénués d’autorité, devenues spectatrices d’une recomposition du monde qui se joue sans elles.
L’invasion russe en Ukraine avait provoqué un tollé et ravivé un sentiment pro-européen vivace contre l’ennemi « rouge ». À l’inverse, l’intervention américaine au Venezuela a été saluée jusqu’à l’Élysée, même si la position présidentielle a ensuite été nuancée. Cela révèle le malaise européen, qui fait face à ses propres contradictions : dénoncer l’usage de la force chez l’adversaire, tout en le justifiant chez l’allié.
On pourra longuement débattre du fondement juridique et moral de ces opérations. Leur point commun, en revanche, saute aux yeux : l’affaiblissement des principes fondateurs du droit international public et la marginalisation progressive de l’ONU, devenue incapable de faire respecter ses résolutions autrement que par des communiqués de presse.
C’est aussi un signal dangereux, un véritable laisser-passer pour toute forme d’invasion militaire, que la Chine ne manquera pas d’interpréter à sa manière au regard de ses velléités sur l’archipel taïwanais. Dans ce monde, chaque silence diplomatique ou opération non sanctionnée fait immédiatement jurisprudence pour les Etats belliqueux.
Le Vieux Continent assiste ainsi, avec une certaine impuissance, à cette partie que se livrent les grandes puissances, sous couvert de sécurité nationale, de défense des peuples ou de stabilité régionale. Faute de vision stratégique commune et surtout d’outil militaire crédible à l’échelle du continent, l’Europe oscille entre indignation et réalisme.
Ses seuls leviers d’influence reposant sur des salves de sanctions adossées à des marchés dont elle est ultra-dépendante, ou encore son imagination débordante en matière de régulation et de droit, dont nous avons désormais la preuve qu’il sautera en éclat à la moindre envolée du « Pentagone Pizza Index[1] ».
Ne nous mentons pas, derrière les discours diplomatiques et les justifications idéologiques, cette recomposition finalement perpétuelle du monde est avant tout dictée par des intérêts économiques : ressources pétrolières vénézuéliennes (première réserve mondiale de barils), terres rares et accès stratégique à l’Arctique via le Groenland, suprématie technologique incarnée par l’industrie des semi-conducteurs taïwanais (premier producteur mondial).
Enfin, il ne s’agit pas d’un âge nouveau. La stabilité internationale est un décor temporaire qui va-et-vient et les règles multilatérales existent seulement parce qu’elles profitent aux forts, qui demeurent les ultimes maitres des relations entre États.
A ce stade, les places boursières ont calmement réagi à l’exfiltration du Président vénézuélien, y compris le marché du pétrole. Le risque géopolitique est-il sous-estimé ou simplement difficile à analyser ? Quoi qu’il en soit, nos portefeuilles demeurent largement sous-pondérés aux marchés latino-américain et matières premières.
Le point marché : Au niveau de nos portefeuilles, depuis le 1er janvier 2025, les contrats d’assurance dont nous assurons la gestion se sont tous appréciés sur l’année écoulée.
Sur cette période, les portefeuilles « prudents », « équilibrés » et « dynamiques » des contrats domiciliés en France sont respectivement en hausse moyenne de +6,06 % bruts, en hausse moyenne de +7,63 % bruts et en hausse moyenne de +10,72 % bruts. Les portefeuilles « modérés » domiciliés au Luxembourg ont également augmenté de +6,07 % bruts en moyenne sur ladite période.
L’Equipe de veille économique de PlusValue Conseil
[1] Indicateur informel qui suggère que l’augmentation soudaine des commandes de pizzas autour du Pentagone peut signaler une activité militaire ou diplomatique intense, souvent avant des annonces géopolitiques majeures.
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